Avez-vous déjà entendu parler du système Bicycode pour lutter contre le vol de vélo? Il semble que les forces de l’ordre vannetaises n’en aient jamais entendu parler, comme l’a constaté Stévan Labbé dont je relaye ici une aventure étonnante.
« Quand la technologie bouscule les habitudes de la police.
Tout commence tôt ce samedi matin. En sortant de chez moi, j’aperçois un superbe VTT Canyon Exceed posé en face, un peu caché. Je m’étonne de voir une telle machine carbone traîner là, mais je ne m’y attarde pas tout de suite. Quelques heures plus tard, le vélo est toujours là. Mon instinct de cycliste prend le dessus : je vais voir de plus près.
Je découvre alors une étiquette Bicycode. Je sors mon téléphone, je tape le code sur le site apic-asso.com et là, le verdict tombe : vélo déclaré volé.
(Procédure qu’il est conseillé de faire lors d’un achat d’un vélo d’occasion)
C’est là que le « rocambolesque » commence. On est le 1er mai. J’appelle la police municipale : « Désolés, on est occupés avec les festivités, rappelez en début de semaine ». J’appelle la nationale : même réponse. Pas question de laisser ce vélo là en attendant le 4 mai ! Je le mets donc à l’abri dans mon garage.
Je contacte ensuite l’association Vélomotive (qui fait du marquage de vélo autour de Vannes) pour savoir comment retrouver le proprio. Maeva (secrétaire pour Vélomotive), avec qui je communique par SMS, est catégorique : seules les forces de l’ordre peuvent le faire via une application nommée « Smart Verify » sur leurs terminaux Néo.
Je rappelle la municipale. Ils n’ont pas l’appli et me conseillent de le mettre aux objets trouvés : « Si personne ne le réclame dans un an, il est à vous ». Ce n’est pas mon but, je veux qu’il retrouve son propriétaire ! Je tente un troisième appel à la police nationale. J’insiste tellement qu’ils finissent par envoyer une patrouille chez moi.
Dans mon garage, je leur montre l’étiquette et le site APIC. Quand je leur parle de « Smart Verify », les agents me regardent avec des points d’interrogation dans les yeux. Ils ne connaissent pas. Pourtant, le marquage est obligatoire sur les vélos neufs depuis le 1er janvier 2021 ! C’est là le paradoxe : la loi impose un système, mais les forces de l’ordre ne semblent pas avoir été formées à l’utilisation de l’application dédiée. Mais, intrigués, ils décident de la télécharger sur place.
En deux clics, ils ont le numéro du propriétaire. Il habite tout près de chez moi ! Il arrive quelques minutes plus tard. Il nous raconte : une sortie entre copains, les trois vélos posés deux minutes contre un garage, et deux voleurs opportunistes qui filent avec les VTT sous leurs yeux. Ils avaient réussi à en récupérer un après une course-poursuite, mais le Canyon s’était volatilisé. Après description, les voleurs sont bien connus des services…
Le marquage fonctionne, il a probablement dissuadé la revente du vélo, mais si je n’avais pas « poussé » les agents à installer leur propre outil de travail par méconnaissance, ce Canyon de 3000 € finissait probablement aux objets trouvés sans recherche du propriétaire.
Comment protéger efficacement nos vélos?
Outre le marquage, je me pose la question de cacher un tracker… Et vous, vous utilisez quoi pour protéger vos machines car on voit qu’ils peuvent disparaître même lors d’un arrêt boulangerie? «
Stévan Labbé
Quelques infos sur le bicycode, il s’agit d’une immatriculation posée sous forme d’autocollant permanent ou de marquage par micro-percussion sur le cadre (acier uniquement dans ce cas). Tout vélos neufs ou d’occasion vendu par un professionnel doit comporter cette immatriculation. En association avec la FUB (je détaillerai dans un article ce qu’est la Fédération des Usagers de la Bicyclette) et le ministère de l’intérieur, l’entreprise Bicycode a développé ce système car les unités de polices se retrouvaient avec des hangars remplis de vélos retrouvés volés, sans savoir à qui les restituer. Avec cette base de données à l’échelle Européenne il devient aisé dans le cadre d’une enquête ou d’un vélo semblant abandonné de retrouver le ou la propriétaire. Il est aussi facile de savoir si un vélo que vous achetez d’occasion a été déclaré volé (et vous pouvez avoir des ennuis si vous achetez un vélo volé, malgré vous…).
Il est a noter aussi que certaines clauses d’assurances ne vous couvrent pas si votre vélo n’est pas marqué, vérifiez auprès de votre assureur. Il est étonnant de voir que des policiers ne soient même pas au courant de ce système alors qu’il a été développé conjointement avec le Ministère de l’Intérieur, c’est peut être aussi le signe que le vol de vélo serait marginale ici? En tout cas dans les grandes villes, ils connaissent bien.
Voici quelques conseils persos pour éviter le vol de vélo, ayant habité à Paris où c’est un sport national j’ai une petite expérience et aucun vélo volé.
Distinguons deux types de vol :
– L’opportuniste, le type voit votre vélo, ça fait tilt il se dit aller je tente, monte dessus et s’enfuit avec. La dessus le cadenas est efficace, préférablement un U. Si un arrêt boulangerie ou épicerie le temps de s’acheter à boire et a manger pendant un périple, et qu’on a pas envie de se rajouter du poids on peut utiliser ceci ou cela . Cela peut le faire pour un arrêt de 10 minutes en étant pas loin, ou éventuellement dans le garage fermé d’un hôtel pour être un peu plus serein, le tout si on est en campagne ou petite ville tranquille. Attention à vos roues surtout l’avant, pas d’attache rapide mais un système de fixation nécessitant une clé allen. Attention aussi lors d’un transport en train aux arrêts.
Si on a rien, perso, pendant l’arrêt boulangerie ou au café, en ayant un oeil sur mon vélo, je traficote les vitesses, en posant le vélo je change plateaux et pignons, sans les passer, voir je fais dérailler la chaine. Le voleur en montant sur le vélo et commençant à pédaler se plantera et vous aurez plus de chance de le chopper.
– Le vol professionnel : là rien ne l’arrêtera, pas même votre U en acier titane de la Nasa… C’est son métier, il a les outils, la méthode, il connait les vélos. Il sait ce qu’est un S Works ou un Colnago, il sait où le revendre, ce sera probablement pas sur le bon coin mais dans un pays étranger ou une autre région. Il travaille en équipe, a des hangars de stockage, vérifie que vous avez pas mis un traceur GPS (le plus safe ce serait dans le tube du bas en passant par le boitier de pédalier, mais c’est galère à fixer…). On dit d’ailleurs que les antivols n’existent pas, il n’y a que des « retardateurs de vol », il mettra 2 secondes avec un cadenas facile, 1 minute sur un U haut de gamme. En gros il sillonne la ville en camionnette avec tous ses outils et de quoi stocker les vélos. Pour lutter contre ça on utilise des vélos tout pourris pour se déplacer en ville, le genre de vélo qu’on a pas envie de s’asseoir dessus, et qu’au pire on ne pleurera pas si on se le fait voler, il peut être en bon état de marche, mais doit avoir l’air bien crade (guidoline qui pend, entourer le cadre avec du scotch pour faire croire qu’il tient avec ça…). Si beau vélo, jamais le laisser la nuit dehors, jamais une journée voir plus devant une gare (même celle de Vannes) ou alors dans les garages fermés que les villes commencent à installer.
Si vous voulez être serein, il y a des formules d’assurances spécialisées vélo contre le vol, mais est ce que vous êtes prêt à marquer un beau vélo carbone? Moi ça me fendrait le cœur…
Arthur










