Un cœur en bonne santé ne bat pas au tic-tac régulier d’une horloge ou d’un
métronome. Le rythme varie de quelques millisecondes en plus ou en moins à
chaque battement : la fluctuation de ce rythme est appelée variabilité de la
fréquence cardiaque VFC. Un cœur, par exemple, qui bat à 50 pulsations par minute,
se contracte en réalité à 50 moins ou plus quelques millisecondes à chaque
battement.
Ce phénomène de VFC est sous la dépendance du système nerveux autonome SNA,
on dit autonome car c’est le corps lui-même qui régit cette fonction en dehors de la
volonté. Cela permet à l’organisme de s’adapter en permanence à toutes les
situations et stimulations internes ou externes.
Ce système nerveux autonome SNA est composé du système sympathique et du
système parasympathique :
- Le système sympathique prépare à l’action, au combat ou à la fuite. C’est un
accélérateur, il augmente la fréquence cardiaque FC, favorise la sécrétion
d’adrénaline, dilate les petites bronches. Il inhibe tout ce qui ne sert pas pour le
combat ou la fuite. - Le système parasympathique ou nerf vague favorise la récupération, la réparation,
la restauration métabolique, c’est un frein, il ralentit la FC. Au repos l’activité
parasympathique domine, le tonus parasympathique est plus élevé en position
allongé et pendant le sommeil. Ce système est inhibé en cas de stress.
La VFC rend compte de l’influence respective de ces deux systèmes
Pourquoi s’intéresser à la VFC ?
Une grande variabilité, c’est-à-dire un écart important entre le rythme le plus haut
et le rythme le plus bas, signe un cœur en bonne santé, un cœur qui s’adapte bien,
de façon immédiate, aux différentes sollicitations et stimuli. Dans la vie tout bouge,
tout est mouvement et renouvellement loin d’un état rigide et fixe mortifère. La VFC
nous donne donc une indication précieuse sur notre état de bonne ou mauvaise
santé physique et psychique. C’est aussi un indice prédictif de notre espérance de
vie.
La VFC est individuelle, elle est plus élevée chez la femme et diminue avec l’âge.
Tous les sports professionnels, beaucoup d’entraineurs, et certaines unités
militaires, ont intégré ce paramètre au champ des outils dédiés à la performance via
des tests réalisés au repos (assis, couché et debout), et tests à l’effort lors des
entraînements et des compétitions. On obtient grâce à des calculs assez complexes
de nombreuses informations permettant d’évaluer l’état de fatigue, si la fatigue est
récente ou ancienne, la capacité « d’engagement » de mise en action, le niveau de
stress et ce qui nous intéresse plus ici : la récupération.
Beaucoup d’entre nous ont une montre connectée ou un GPS qui nous donne une
valeur de VFC. Cette valeur est en fait une approximation de la VFC, elle est moins
précise que celle fournie par certains logiciels spécialisés utilisés lors des tests,
néanmoins elle apporte des informations concernant notre niveau de récupération.
.
Si la VFC a diminué par rapport à sa valeur de base, on se compare par rapport à ses
propres valeurs et non pas à celles des autres, cela indique une moins bonne
récupération soit ponctuelle soit plus durable dans le cas d’un surentrainement par
exemple.
Un sommeil trop court ou non récupérateur, un repas trop copieux, l’alcool, un état
de stress ou de fortes émotions, le surmenage, le surentrainement sont des facteurs
affectant de façon négative la récupération. La VFC peut aussi diminuer durant le
temps d’incubation d’une maladie infectieuse alors qu’on ne ressent encore aucun
symptôme.
En conclusion la VFC est un indicateur, parmi d’autres, de notre état de santé qui
peut avantageusement être intégré dans le cadre de notre activité sportive.
J’en profite pour rappeler, notre cœur nous en sera reconnaissant, qu’il est bon de
finir « cool » les derniers km de nos sorties 😉
Yann Le Ny











