Quand la réalité se rapproche du rêve

Les composant du CUES Di2 de Shimano – Photo : Shimano

Changement de vitesses automatique

Ce qui était un rêve au début, a commencé à devenir réalité.

« La Gazette »

Si elle devait le faire, il serait difficile à «La Gazette» de cacher son intérêt pour l’innovation technique et plus particulièrement pour ce qui touche aux changements de vitesses des vélos. Ainsi cette chronique doit être la 6 ème ou 7 ème consacrée aux changements automatiques de vitesses. Ce qui était un rêve au début, a commencé à devenir réalité.

C’est le projet conçu par VALEO/EFFIGEAR qui se rapproche le plus de ce rêve. Présenté dans une chronique du 21 décembre 2020, il devrait dans les mois qui viennent équiper plusieurs marques de cycles.

La boite et le moteur Valéo/Effigear

Rappelons que le système ne concerne pour le moment que les seuls vélos à assistance électrique (VAE).

Il se caractérise par une intégration au coeur d’un moteur de 48 volts, pouvant développer une puissance de 700 à 800 watts, d’une véritable boite de vitesses adaptative automatique de sept rapports. La gestion se fait à l’aide d’un micro processeur et d’un algorithme prenant en compte la vitesse de déplacement du vélo, la vitesse de rotation des pédales et la force exercée sur les pédales. Le potentiel de puissance, même s’il sera bridé à 250 watt et 25 km/h pour respecter la règlementation européenne, offrira un couple en sortie moteur de quelque 130 Nm (Newton*mètre), ce qui devrait notamment intéresser les fabricants de vélos cargos. Jusqu’à peu à l’état de prototype, VALEO a déclaré dans un communiqué de presse daté du 16 février dernier que 14 constructeurs avaient dans le monde opté pour cette motorisation. La production a été lancée en mai dernier dans l’unité de l’Isle d’Abeau (Isère) et devrait atteindre 100 000 unités en 2024. Les premiers vélos équipés devraient donc sortir de production d’ici la fin de l’année 2022. – A suivre donc.

SHIMANO, leader mondial sur le segment des équipements pour vélo ne pouvait laisser ce produit d’avenir à la concurrence. Dès 2014, il lance la série E6000 – SHIMANO STEPS, suivi en 2016 et chaque année jusqu’en 2020, d’autres déclinaisons du système.

STEPS est un dispositif intégré au moteur qui commande soit un dérailleur électrique classique sur la roue arrière, soit un moyeux NEXUS à engrenages en fonction des caractéristiques et des exigences du terrain. Géré par un algorithme, c’est un microprocesseur qui actionne le dérailleur arrière en maintenant une vitesse de rotation des pédales autour de 70 coups/minute et cela quels que soient les terrains. Comme sur une boite auto de voiture, le système est débrayable au guidon et peut devenir manuel à l’aide d’un bouton montée et d’un autre descente, ou alors être paramètré pour une conduite plus «sport» à l’aide de l’écran tactile ou d’une application smartphone permettant de créer jusqu’à 15 programmes d’assistance.

Les composants numériques du CUES Di2

Toujours plus fort, Shimano vient de sortir une nouvelle transmission haut de gamme, le CUES Di2 à changement automatique de vitesses ainsi qu’un freinage ABS. L’innovation de ce nouveau dispositif réside dans la possibilité pour le cycliste de changer de vitesse sans être obligé de pédaler. Ceci parait particulièrement intéressant en VTT, sur un terrain bosselé par exemple, en descente juste avant une nouvelle bosse et dans la phase de freinage, on peut anticiper la pente à venir en changeant de vitesse, alors que les manivelles sont à l’arrêt, à l’horizontal pour assurer la stabilité du pilote. En fait, le moteur entraine la seule couronne du pédalier sur un segment de rotation adapté pour changer de pignon à l’arrière sans que les manivelles soient en action. En revanche, à la différence du moyeux NEXUS, le CUES Di2 ne permet pas de changer de vitesse à l’arrêt complet. Voir la vidéo ci-dessous. 

La limite des projets VALEO et SHIMANO réside dans le fait que l’énergie et la force nécessaire à l’activation du changement de vitesses sont dépendantes d’un moteur conçu pour propulser le vélo, c’est à dire relativement encombrant et lourd et donc inadapté à un vélo de route musculaire. Mais comme le VTT a été précurseur en matière de freins à disque, il le sera peut être un jour dans le domaine du dérailleur automatique.

Les systèmes mériteraient d’être testés in situ afin d’en mesurer le réel intérêt. Si un lecteur a eu cette chance, il ne faut pas qu’il hésite à faire un retour d’expérience dans les colonnes de «La Gazette».

JY.LP

PS : La presse spécialisée annonce que le constructeur Allemand PORSCHE ambitionne d’investir ce segment de marché et mettrait au point un moteur surpuissant pour VAE.

Vivement demain

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